mercredi 12 décembre 2018

UNE LEÇON QU'IL FAUT MÉDITER


Ainsi Emmanuel MACRON est sorti du silence dans lequel il se murait depuis des jours et des jours pour s'adresser aux Français: Son audience ( plus de 21 millions de téléspectateurs) montre mieux que tout commentaire leur inquiétude, pour ne pas dire leur angoisse . 
Devant cette inquiétude, il a du se résoudre à annoncer des décisions dont certaines ont heureusement un peu rassuré ,d'autres ,semble-t-il , plus largement déçu.
Toutes ont ,en tous cas, un point commun, celui d'exiger des dépenses nouvelles, à l'évidence peu attendues par les membres du gouvernement ( du moins si on en juge par la cacophonie qui a marqué la communication gouvernementale avant cette intervention dont la plupart des ministres ne savaient à l'évidence pas grand'chose ).
On parle désormais de 8 à 12 milliards de dépenses nouvelles alors q'un mois plus tôt le gouvernement avait considéré qu'il était inacceptable de renoncer aux taxes sur le carburant qui en représentait à peine 4:
Ainsi entre le 17 novembre et le 10 Décembre ,selon qu'on est plus ou moins optimiste, on a doublé voire triplé le déficit de l'année: Nous étions déjà champions du monde des prélèvements obligatoires; LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE nous entraîne vers de nouveaux records.
Il est difficile aujourd’hui de présager de l'attitude de ceux qu'on appelle par commodité "gilets jaunes". Compte tenu de ce qu'on a pu entendre un peu partout à travers la France, leur diversité montre surtout que le mécontentement n'était pas comme souvent catégoriel, régional ou politique: En réalité,Il touchait le peuple français tout entier.
Est-il possible d’espérer que le gouvernement ,comme le corbeau de LA FONTAINE jadis, saura retenir cette leçon?
Rien n'est moins sur si on en juge par les propos qu'on entend ici ou là : Il semble en effet que tous ne sont pas convaincus par cet épisode: Imaginer par exemple que la réforme de l'indemnisation du chômage ne provoquera que des débats classiques est une vision pour le moins optimiste des choses . Quant à l'idée de transformer le régime actuel des retraites par répartition en un système par points, il  est de nature à bouleverser la société française d'autant que, même pour ceux qui font mine d'en comprendre les mécanismes, il s’agirait d'une usine à gaz à coté de laquelle beaucoup des réformes qui furent difficiles à mettre en oeuvre ressembleraient par comparaison à d'aimables bleuettes  d’écoles maternelles.
Le temps n'est-il pas venu de se calmer un peu et par exemple d'en profiter pour (enfin) s'intéresser aux économies encore plus nécessaires aujourd'hui qu'hier ?
Poser la question, c'est déjà y répondre.

























lundi 3 décembre 2018

ET SI PARFOIS L'OBSTINATION ÉTAIT UN DÉFAUT !

Mai 1968-Novembre 2018 : Comparaison n'est pas raison ! Certes.
Il n’empêche: La tentation est grande à cinquante ans de distance de s'interroger sur le comportement d'une société française qui, périodiquement, s'enflamme pour des causes souvent inattendues, voire surprenantes.
Comment le pouvoir doit réagir à ces mouvements d'humeur ? Tel est le problème.  
Aujourd'hui le Président de la République semble préférer garder le silence, enfermé dans une sorte d'hostilité boudeuse à l'encontre du peuple dont il a la charge, peuple qui attend beaucoup de lui, même si lui ,de son coté, ne semble guère en attendre grand'chose .
Qu'il soit affecté par l'hostilité à son encontre qui monte de la France entière, chacun peut le comprendre, mais un chef d'Etat n'est pas un homme quelconque et est davantage qu'un  responsable politique ordinaire:
C'est à lui de donner le cap et , quand il le faut,  d'en changer, dès lors que l’Intérêt national l'exige.
L'obstination n'est pas toujours une qualité !
Après 3 semaines de troubles et de violences, (et quelles violences !) le temps est donc venu pour le Président de la République  de s'exprimer et d'agir : Il n'est que temps !
Puisque Emmanuel MACRON rêve souvent d être comparé au général de GAULLE qu'il se retourne sur le passé:
En 1968, le Général de GAULLE avait annoncé le 24 Mai sa décision d'organiser un référendum: Devant le peu d’intérêt ( pour ne pas dire davantage!) suscité par cette décision, une semaine plus tard il déclarait y renoncer et décidait de dissoudre l’Assemblée: Moins d'une semaine lui avait suffi pour  comprendre l'impatience et l’angoisse des français.
Il avait écouté, il avait entendu, il avait décidé .
Le Général de GAULLE avait ainsi admis que, pour sortir de la crise, il lui appartenait d'oublier ses préférences et de faire le choix de renoncer à ses idées personnelles pour apaiser la France. 
Il en fut bien ainsi et le peuple français lui en resta reconnaissant : Personne n'en a jamais conclu qu'il avait manqué de caractère , au prétexte qu'il aurait alors reculé: 
Il avait simplement choisi de défendre les français contre leurs emballements.
Si Emmanuel MACRON veut retrouver la confiance de français, il lui faut démontrer qu'il les entend, qu'il les écoute et surtout qu'il les comprend. 
Vaste programme aurait pu dire le Général de GAULLE !













mardi 27 novembre 2018

" UN NOUVEAU COMITÉ THÉODULE "

En septembre 1963, à Orange, le Général de GAULLE  déclarait:" Ce n'est pas ce que pense le comité Gustave, le comité Théodule ou le comité Hippolyte qui est essentiel, mais ce que sent, ce que veut ,ce qui est utile au peuple français ".
Les comités Théodule ou Hippolyte sont, depuis, devenus emblématiques des choix d'un pouvoir politique qui, pour tenter  de dissimuler son impuissance ou son irrésolution, décide la création d'instances inutiles ou superflues destinées à camoufler ses hésitations ou ses renoncements.
Emmanuel MACRON semble parfois tenté de laisser penser que son comportement comme son attitude s'inspirent de l'attitude, du comportement du Général de GAULLE.
Si cela était vrai, on ne pourrait que s'en féliciter: Le pouvoir serait à nouveau incarné.
Mais pour  ceux qui pourraient éventuellement s'interroger sur cette prétention, il vient d'en souligner l'inanité. 
En créant un Haut Conseil pour le Climat (de 14 membres) qui s'ajoute à un Conseil National de  la Transition Écologique (de 50 membres)  lequel s'ajoutait déjà au ministère de la Transition Écologique et Solidaire, dont on pouvait  imaginer qu'il s'occupait du climat, il ne met nullement ses pas dans ceux du Général  de GAULLE, mais dans  ceux des hommes politiques de la IVème République.
En mettant en place un nouveau comité Théodule, il vient de renouer avec la tradition de l'impuissance du pouvoir.
Avec lui, on revient cinquante ans en arrière.
Et pendant ce temps-là, les "gilets jaunes" s’interrogent :Emmanuel MACRON avait  annoncé qu'il répondrait à leurs attentes de façon globale
Comment s'étonner de leur déception ?
Que peuvent par exemple penser des salariés qui perçoivent 1600 euros par mois (moyenne des salaires des employés) à qui on annonce en même temps une réforme de l'assurance chômage dont ils ne savent rien mais dont ils redoutent tout et un nouveau système de retraites dont ils  ne comprennent pas l'objectif réel mais dont ils craignent les conséquences.
Que peuvent penser les retraités lorsqu'on leur parle des années 2050 comme d'un horizon enviable ?
Que peuvent penser ces condamnés à l'automobile par obligation professionnelle, lorsqu'on leur propose comme perspective d'action sur les prix une usine à gaz inventée par Lionel JOSPIN et qui n'a jamais donné les résultats espérés, mais qui, à l'époque a coûté 2 milliards 700 millions  à  l'Etat ?
L'écologie doit à coup sur être une préoccupation des gouvernants, mais en faire un objectif prioritaire ne saurait convaincre que celles et ceux qui en ont les moyens.
Et ce ne sont pas  les propos politiciens et inutilement agressifs du Ministre de l’Intérieur ou du Ministre des comptes publics qui permettront d'avancer dans la recherche d'une solution.
Il appartient au Président de la République de rassurer les français qui, chaque jour s'inquiètent davantage de l'avenir du pays.
Il est encore temps ...mais il n'est que temps ! 









dimanche 25 novembre 2018

UN POUVOIR SOURD ET AVEUGLE... ET QUI SAIT, BIENTÔT PARALYTIQUE ?

Sont-ils sourds, sont-ils aveugles  ?
Pourquoi nos gouvernants ne voient-ils pas, n'entendent-ils pas la plainte qui monte du fond de notre peuple ?
Quand Nicolas HULOT annonce la fin du monde pour demain,  beaucoup de françaises et de français pensent plus prosaïquement à leur fin de mois ?
De même voir dans les manifestations parfois violentes la main de ce que le Ministre de l'Intérieur appelle l'ultra-droite peut être intellectuellement et politiquement rassurant pour lui, mais si le Président de la République voulait bien admettre que notre société (comme la plupart des sociétés dans le monde d'ailleurs) n'est peut-être pas prête à ce saut dans l'inconnu auquel nous convient de façon pressante les technocrates de haut niveau qui l'entourent, peut-être serait-il possible  alors  d'entamer un véritable  dialogue.
Nul ne nie l'importance pour notre pays de vivre dans une société moderne, mais comment ne pas voir que, dans le monde où nous vivons, chacun n'est pas au même niveau de réflexion ou de connaissance.
Petit à petit (et pour beaucoup dès aujourd'hui)  nombreux sont ceux qui se sentent exclus de cette société qui nous attend (et pour beaucoup qui nous menace).
Les "gilets jaunes" ne sont pas seulement ceux que préoccupe le prix des carburants, ils sont aussi celles et ceux qu’angoisse l'entrée brutale dans une société de la communication dont ils voient ( au delà des progrès qu'elle suscite) les risques qu'elle représente pour leur vie quotidienne.
Pourquoi au plus haut sommet de l'Etat, semble-t-on se désintéresser de cet aspect des choses ?  
Qui nous empêche d'attendre le temps de l'information (et pourquoi pas de la conviction) pour entreprendre et mener dans le calme une transition écologique dont nul ne conteste l’Intérêt ?
Et comment prétendre sérieusement que la planète serait menacée par un délai de réflexion que nous prendrions avant de nous lancer dans cette aventure, alors qu'à travers le monde un certain nombre d’Etats et non des moindres (tels les  Etats-Unis ou la Chine) ne font jusqu'à présent que balbutier leur transition écologique.
Il ne s'agit pas d’être à la traîne bien au contraire, mais est-il nécessaire d’être toujours en tète de la marche au modernisme ?
Il importe d'abord que toute la société française s'y lance avec détermination mais en toute lucidité et en y entraînant bien sur les "geeks" ( * ) mais aussi tous les autres.

* geeks : "fous de technologie numérique"











mercredi 14 novembre 2018

POURQUOI SE TAIRE ?

Au lendemain de son séjour dans notre pays qui avait eu soin de l’inviter, Donald TRUMP , à peine rentré aux Etats-Unis,vient de déverser un tombereau d'injures sur Emmanuel MACRON et sur la France en général.
Quelle que soit l'opinion qu'on peut avoir sur l'action et la personnalité du Président de la République, et quel que soit d'ailleurs plus généralement le Président de la République au pouvoir, les injures proférées à l'égard de celui-ci constituent des outrages pour la France et ne sauraient laisser le pouvoir sans réaction ni aucun citoyen indifférent. 
Est-il possible de se taire lorsque Donald TRUMP ose affirmer que "les français commençaient à apprendre l’allemand  à Paris avant que les Etats-Unis n’arrivent"?
Et pourtant il semblerait que certains ,dans l'entourage du chef de l'Etat, considèrent que  l’urgence commanderait  d’apaiser les choses .
Une telle attitude ne peut que surprendre, de même qu'avait pu surprendre en son temps (à l'occasion de la visite d'Emmanuel MACRON aux Etats-Unis ) l'attitude du Président de la République qui s'était littéralement jeté dans les bras de Donald TRUMP alors que rien ne semblait justifier cet enthousiasme aussi soudain qu’intempestif ( la suite l'a prouvé !).
Chacun peut comprendre (sinon admettre) qu’apaiser les choses pourrait être  qualifié de responsable, mais affirmer simplement que " les relations entre la France et les Etats-Unis ne se mesurent ni à l'aune du langage corporel entre les deux présidents ni à celle des tweets envoyés par Donald Trump" ,constitue une bien faible  réaction devant un outrage caractérisé.
Il ne saurait s'agir pour notre pays de réagir de façon excessive ( à l'image du Président des Etats-Unis) mais le minimum eut été de convoquer l'ambassadrice des Etats Unis en France pour lui faire part du mécontentement  des français devant le comportement du Président d'un pays dont nous avons toujours été proche.
N'y aurait-il pas eu là une occasion de rappeler au Président des Etats-Unis mais aussi au peuple américain qu'une amitié est d'autant plus solide qu'elle est basée à la fois sur la franchise et sur le respect ?











jeudi 8 novembre 2018

"L'INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ"........... D' EMMANUEL MACRON

Le périple entrepris par Emmanuel MACRON dans le Nord et l'Est de la France  avait un objectif annoncé : Rendre hommage aux morts de la Grande Guerre:
Cette "itinérance mémorielle" (comme il l'a curieusement baptisée) s'est transformée au fil des jours en un surprenant mélange de manifestations patriotiques et solennelles  et  de séquences à l'évidence très politiques.
Tout naturellement, ces dernières ont rapidement transformé la nature de ces journées où, de façon très étrange mais guère surprenante, le prix du carburant n'a cessé d'entrer en collision avec les souvenirs de la guerre.
Ce qui risquait d'arriver s'est produit lorsque le nom de Philippe Pétain s'est mêlé au débat.
On a pu alors, à propos du rôle de ce dernier dans les années 40, assister à un monologue surréaliste du Président de la République au bord d'un trottoir et sous un coin de parapluie .
Les propos tenus à ce moment  ont aussitôt déclenché une polémique démontrant  ainsi l' "insoutenable légèreté " ( comme aurait dit  Milan KUNDERA) d'un homme qui, à l'évidence, ne fait pas la différence entre les propos improvisés d'un quelconque citoyen et les déclarations d'un Président de la République qui, en sa qualité de chef de l'Etat,  engagent la France.
A cette occasion on a pu faire la différence avec le discours prononcé naguère sur le même sujet par Jacques CHIRAC : Nul n'a jamais contesté  ses qualités d'orateur,  mais  on le voyait cependant lire avec attention un texte écrit et visiblement travaillé qu'il ne quittait pas des yeux car, en sa qualité de Président de la République, il savait que ses propos engageaient  la France et non pas seulement sa personne.
Il est clair que , pour Emmanuel MACRON, point n'est besoin de ces précautions: Pour éviter les faux pas, il lui suffit de faire confiance à son intelligence personnelle  qu'il estime au plus haut niveau .
Le bilan de cette séquence est clair : La gestion de ce qui devait être un des grands moments de sa présidence s'est révélée en définitive d'un bout à l’autre désastreuse:
Vouloir en même temps (comme on dit en macronie) organiser une commémoration patriotique et entamer une sorte de précampagne électorale personnelle  est un pari difficile à tenir.
Quand , en outre, on semble se  souvenir au dernier moment  que parmi les maréchaux de la grande guerre il y avait Philippe PÉTAIN, qu'on se précipite  pour le faire disparaître du programme ,et qu'on décide même de ne pas citer  son nom, on doit admettre qu'on atteint des sommets dans l'improvisation et la désinvolture. 
Et lorsque, pour corser le tout, le Président de la République  renonce même à participer à la cérémonie prévue en l'honneur des maréchaux (comme si ils avaient une quelconque responsabilité dans ce désordre commémoratif) qu’ajouter à ce triste bilan ?
Cette "itinérance mémorielle" devait être un tournant dans le quinquennat .
Il est à craindre qu'on en retienne surtout le triste épilogue.












dimanche 4 novembre 2018

MERCI A JACQUES LAFLEUR ..... LA NOUVELLE CALÉDONIE A CHOISI

La Nouvelle Calédonie a choisi : Elle a choisi de rester la France.
Au moment où se termine une période faite de brisures et parfois de sang , il n'est pas trop tard pour remercier ceux qui ont réussi à atteindre un résultat qui, il y a trente ans, était loin d’être évident :

Au premier rang d'entre eux Jacques LAFLEUR .
Dès les premiers affrontements, Jacques LAFLEUR a eu le courage de prendre la tète de ceux pour qui la France devait rester la puissance tutélaire: Bravant les insultes et les violences de ceux qui militaient pour l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, mais surtout des "progressistes", comme on disait déjà, qui l'accusaient de défendre uniquement des intérêts personnels, il n'hésita pas alors, afin de prouver sa bonne foi et sa détermination pour permettre à la France de rester en Nouvelle Calédonie, à renoncer à la mine familiale au profit des indépendantistes de la Province Nord (geste qui se révéla décisif pour une meilleure entente entre les deux camps).
La confiance pouvait ainsi s’installer pour mener à bien le processus dit de Matignon.
Mais il serait injuste, de la même façon,  de ne pas saluer aujourd'hui l'esprit de responsabilité de Jean Marie TJIBAOU qui, au nom des indépendantistes, sut accepter la proposition de Michel ROCARD, alors Premier Ministre, de mettre en place le processus qui vient d'aboutir de façon pacifique à un choix démocratique.
Le référendum en Nouvelle-Calédonie vient de le démontrer : Il n'y avait  pas d'un coté des "progressistes" soucieux de l'avenir et et de l'autre des " conservateurs" attachés à ne rien changer et à ne pas évoluer.
Il est trop facile de les opposer dans les discours et de les stigmatiser, surtout quand on caricature et leurs propos et leur attitude.
La Nouvelle Calédonie vient d'en apporter la preuve : Une société moderne ne peut se passer ni des uns ni des autres : Vouloir les opposer ne mène qu'au conflit et à la division. 
Au moment où certains semblent vouloir faire resurgir cette opposition qu'on pourrait sans excès qualifier d'artificielle, voire d'un autre temps et ( pourquoi ne pas le dire ? ), de quelque peu politicienne, peut être n'est-il pas inutile de le leur rappeler.