lundi 20 août 2018

ÉLOGE DU MILITANT

Quel est cet animal étrange qu'on dit en voie de disparition et qu'on appelle militant ?
La période des vacances est un bon moment pour s'interroger sur un phénomène considéré aujourd'hui comme dépassé depuis qu'il a été décidé en haut lieu que ni la droite ni la gauche n'existaient plus et que le consensus étant devenu la valeur cardinale nécessairement partagée par tous les beaux esprits, seules par conséquent les opinions  de ces derniers désormais comptaient.
Quand on ne cesse de magnifier la réussite matérielle, quand l'argent tient une place de plus en plus envahissante dans le discours politique et que, dans le même temps, on tient pour quantité négligeable le dévouement et plus encore le bénévolat, on imagine que la vie d'un militant dont la motivation première est à l'évidence le désintéressement  perd beaucoup de sa motivation d'autant qu'il se sent trop souvent méprisé , en tous cas ignoré. 
Si on ajoute à ce constat la vénération qui entoure les"spécialistes" qu'on voit se bousculer sur les chaines d’information  permanentes où ils sont présentés comme des "experts" (sic), on imagine leur découragement 
Le propos du militant destiné à convaincre disparait sous des masses d'affirmation que nul ne discute plus ou ne contredit plus: La fausse nouvelle se substitue à la vérité  Même les faits les plus tangibles sont contestés à l'exemple des attentats de New-York contre les tours du World Trade Center qui ont vu leur réalité niée alors que les images restent présentes dans la tête  de tous ceux qui les ont vues.
De façon étrange, aujourd'hui dans nos sociétés sophistiquées, la fausse nouvelle prospère davantage  que dans les sociétés d'hier moins bien informées. 
Certes, il peut arriver au militant de se tromper mais sa bonne foi n'est guère contestable, car ses convictions reposent la plupart du temps sur des expériences vécues parfois même dans la difficulté. Quelles qu'elles soient, elles sont la plupart du temps le fruit de rencontres sur le terrain ou dans la vie . En cela elles diffèrent profondément d'opinions basées sur des connaissances théoriques, voire livresques, qui trouvent désormais à s’exprimer d'autant plus facilement  qu'elles rencontrent la complicité de l'entre-soi. 
Certes, coller des affiches, distribuer des tracts ou aller à la rencontre des citoyens semblera moins attrayant à ces beaux esprits que de disserter à perdre haleine sur les vertus de tel ou tel système,  mais c'est pourtant ainsi et ainsi seulement qu'il est possible de ressentir la réaction du citoyen et donc de la comprendre (Rien ne vaut une discussion même vive  pour essayer de comprendre l'autre) 
Car c'est ainsi que se forme l'opinion.
Ces mêmes beaux esprits qui ont perdu tout contact avec le peuple n'en comprennent donc plus les réactions.
Dans l’Intérêt de la société, il est temps de réhabiliter le militant. 










lundi 6 août 2018

LE COURAGE DE DÉCIDER

Le gouvernement  est parti en vacances avec l'affaire BENALLA dans ses bagages (pour parler comme Monsieur CASTANER !!) et quelques devoirs de vacances pour s'occuper ou pour le laisser croire ; car la consigne est claire: On ne doit parler des vacances du gouvernement que si elle sont  studieuses (sic) , comme si il était inconvenant pour des ministres de prendre un peu de repos et donc de recul.
Cela étant, en dehors de la réorganisation des services de sécurité du Président de la République qui,  malgré le départ de Monsieur BENALLA, semble continuer à passionner  l'Elysée, le pouvoir parait se désintéresser des préoccupations des français.
Pourquoi ne rien nous dire du chômage qui, lentement mais surement, continue à progresser alors qu'on nous avait pourtant laissé entendre que les ordonnances travail votées dès l'élection d'Emmanuel MACRON allaient tout changer., comme si des décisions administratives pouvaient  se substituer aux choix et aux initiatives des entreprises qui sont (quoi que puissent en penser les socialistes) les seules à pouvoir ou non créer des emplois.
En revanche, c'est bien à l'Etat que revient la responsabilité de faire les nécessaires économies sur son train de vie  
Certes, aujourd'hui, on n'oublie pas de les évoquer, mais pas trop fort .
Car, dans ce domaine, rien ne se passe, puisque personne  ne décide.
Comme cette façon de faire n'est ni efficace ni convaincante,  on  y ajoute une pincée de "hollandisme": En clair, on commande des rapports à des personnalités nécessairement compétentes :
Bref, on invente des prétextes pour ne rien faire.
Après le rapport BORLOO, enterré aussitôt que commandé et son auteur immédiatement renvoyé à ses chères études de "mâle blanc", aujourd'hui voici le tour d'un rapport préparé par un Comité d'Action Publique 2022, créé en octobre 2017 et composé ,comme son nom ne l’indique pas, de  "grosses têtes", élus ,hauts fonctionnaires ,chefs d'entreprises (en tout 34 personnalités chapeautées par un "délégué interministériel à la transformation publique"  (Mais si, ça existe, ça ne saurait s'inventer !).
Mais, la aussi, on prend ses précautions puisque on vient d'apprendre que rien ne serait  publié de ses travaux pour éviter,parait-il, les fausses querelles, mais en réalité parce que ce comité risque de proposer des économies que le gouvernement ne saurait valider. 
Le pouvoir, après quelques déclarations tonitruantes, semble croire aujourd'hui que, dès lors qu'il  commande un rapport à des experts, il gouverne
Or, gouverner n'est pas seulement communiquer,  c'est d'abord et surtout décider.
Tel est le problème d'Emmanuel MACRON:
Il ne décide pas.






dimanche 29 juillet 2018

ALEXANDRE BENALLA : PARANGON DE LA "MACRONIE"

Pendant une dizaine de jours, toute la presse a semblé se battre pour obtenir un entretien avec Monsieur BENALLA, "chargé de mission à l'Elysée" : Double page dans LE MONDE, près d'un quart d'heure au Journal de 20 heures de TF1 , plusieurs pages dans le Journal du Dimanche ; bref une avalanche d'articles digne du service de presse d'un personnage de haut niveau.
Tous ces articles ont un point commun : Un  éloge permanent et sans nuances par Alexandre BENALLA d'Emmanuel MACRON au point qu'on pourrait se demander s'ils n'ont pas également une origine commune : Le cabinet du Président de la République !!
A quand les couvertures des magazines "people" ?: Elles ne sauraient tarder, d'autant qu'on assiste en même temps (Comme on dit à la République En Marche) à la métamorphose de l'intéressé: Il rase sa barbe, troque ses blousons de "campagne électorale" pour des costumes-cravates bleu nuit avec chemise blanche assortie pour faire peut-être oublier son passé  de combattant de rue et lui donner un profil d'intellectuel. 
Belle opération de communication en tous cas où on reconnait la patte des professionnels qui entourent le Président de la République.
Bien qu'Emmanuel MACRON affirme que ce qui s'est passé n'intéresse que deux ou trois personnes, force est bien de constater que ses proches font tout pour éviter que les français soient informés: Contraints par l’Assemblée d'accepter une commission d’enquête, ils missionnent sa Présidente  ("République en Marche")  pour l'empêcher de fonctionner au point de la faire exploser , laissant au seul Sénat la charge de faire la lumière sur l'affaire.
Pourquoi tant de faux-fuyants, s’il ne s'agit que de l’erreur  d'un collaborateur maladroit dont le président de la République continue d'ailleurs à affirmer qu'il se réjouit de l’avoir recruté compte tenu de ses qualités qu'il ne cesse d’énumérer.
Pourquoi  surtout cette obstruction de la majorité à l'Assemblée  si il n'y a  rien à cacher ?
A propos,on nous avait bien annoncé qu'avec un nouveau Président de la République l'ancien monde avait disparu et que nous entrions dans une nouvelle ère où tout serait différent, les hommes les méthodes et la politique.
Comme aurait dit Grock ,le célèbre clown  : Sans blaaaague !!!














lundi 23 juillet 2018

M'SIEUR... C'EST PAS MOI !!

La République exemplaire, tant vantée depuis un an, a fait en quelques jours la démonstration que, si elle est à coup sur  la république d'une communication bien souvent débridée, elle est surtout la république des connivences, des complaisances et des copinages.
Comment ne pas s'indigner que la police et la gendarmerie qui ont la lourde responsabilité d'assurer la sécurité des français se trouvent compromises dans de misérables combinaisons du fait d'un personnage, favori du prince, qui , à l'abri de ses protections, utilise ses loisirs à faire le coup de poing contre des gens qu'il ne connait pas, comme si la violence lui procurait du plaisir .
Comment ne pas être abasourdi par le flot permanent d'informations souvent difficiles à comprendre que nous subissons depuis bientôt une semaine?
Chacun attend des explications des responsables à tous les niveaux même si le plus important d'entre eux fait mine de ne pas comprendre qu'il est le premier concerné  par ces demandes  qui sont d'autant moins surprenantes qu'elles s’adressent à quelqu'un pour qui le gouvernement par les "tweets" qu'il affectionne semble être la forme suprême d'une gouvernance de haut niveau.
Tel ou tel dirigeant de la République en Marche peut bien nous expliquer que tout a été fait pour condamner ces agissements; chacun constate que les responsables ont attendu la fin de la Coupe du Monde de football pour que ces "sanctions" (sic) soient rendues publiques. 
Comment s'étonner que l'opinion aie du mal à comprendre comment  il est possible d'être lieutenant colonel de gendarmerie (même de réserve) à 26 ans et comment le même personnage peut être autorisé à utiliser les moyens de la république (insignes de police, voiture officielle) pour assouvir des instincts à l'évidence inavouables et pourquoi enfin la Présidence de la République, 3 mois après ces exploits pugilistiques, lui propose un appartement dans un immeuble de l'Etat, jadis utilisé par  François MITTERRAND pour loger ses proches.  
Malgré l'obstruction de la République en Marche, l'Assemblée Nationale a fini par décider de créer une commission d’enquête pour essayer de comprendre ce qui s'est passé et ce qui se passe .
Qu'y voit -on ? Un Ministre de l’Intérieur, qu'on dit traditionnellement être l'homme le mieux informé de France et qui réussit l'exploit en deux heures et demie d'audition de ne rien dire, de ne répondre à aucune question, tout  en se défaussant en permanence sur ses subordonnés  de tout  ce qui s'est passé et qu'il fait mine d'ignorer.
On n'est plus au sommet de l'Etat .
On se croirait davantage dans une cour de récréation avec en vedette celui qui, pris la main dans le sac, entonne bruyamment  la célèbre comptine: " M'sieur c'est pas moi , c'est ma sœur qu' a cassé la machine à vapeur"













samedi 14 juillet 2018

IL CAUSE...IL CAUSE...EN FAIT... IL PROCRASTINE !!!

Emmanuel MACRON aime la langue française et la pratique à merveille: Il ne peut donc qu'aimer les mots, même ceux qui sont assez rarement utilisés dans la conversation courante. Il en est un qui devrait pourtant lui aller à merveille, car on peut dire qu'il l'incarne chaque jour davantage: C'est "Procrastiner".
Procrastiner signifie : Remettre au lendemain ce qu'on peut faire le jour même.
Ne définit-il  pas, mieux que tout autre,la  ligne de conduite du  Président de la République? 
Tout le monde s'accorde à penser que des économies s'imposent si on veut retrouver notre liberté d'action: Si on écoute le Président de la République, il est évident qu'il  partage cet avis. Si on regarde les décisions de  son gouvernement on ne peut que s'interroger, puisque les économies sur le train de vie de l'Etat sont toujours remises à plus tard et sont la plupart du temps de caractère symbolique.      
Or, non seulement les économies tardent à venir, mais des dépenses nouvelles sont annoncées pour lesquelles aucun financement n'est prévu.
Il en est ainsi de la suppression de la taxe d'habitation annoncée pendant la campagne électorale qui représente une dépense prévisible de 22 milliards d'euros: Aucun financement n'est prévu et d'ores et déjà le gouvernement reconnait que plus de la moitié  de cette suppression sera financée par le déficit. 
Il en est de même pour le service national universel pour les jeunes,sans cesse annoncé, mais qui n'est même pas défini de façon claire et pour lequel aucun financement n'est davantage prévu: Et pourtant, plus de 3 milliards seraient nécessaires pour le mettre en oeuvre.
Quant à la diminution du nombre de fonctionnaires, elle n'est toujours pas sérieusement envisagée puisque ( la défense, la santé, la sécurité et l'enseignement ne pouvant être touchés) nul ne nous dit clairement quelles administrations ou quels services pourront être concernés, pas davantage combien d'agents de l'Etat seraient concernés .
Certes le gouvernement a décidé de montrer sa détermination en décidant que les collectivités locales, communes, départements et régions devraient , pour ce qui les concerne, diminuer leurs dépenses de 1,5 % .Il démontre ainsi qu'il connait bien les dictons populaires et qu'il sait les pratiquer :"Faites ce que je dis et ne faite pas ce que je fais".
Si on ajoute à cette liste les questions que pose la mise en place du prélèvement à la source annoncé pourtant comme un progrès significatif pour les contribuables, on ne peut que constater qu’entre les annonces et la réalité, il y a souvent un fossé .
On le voit : Il est plus facile d’annoncer des changements que de les mettre en oeuvre.
Et il est encore plus facile de critiquer les responsables d'hier que de réaliser ses  propres promesses.
Peut-être le Président de la République et son gouvernement pourraient-ils y réfléchir !




vendredi 29 juin 2018

EN AVANT MARCHE !!... ENCORE UNE FAUSSE BONNE IDÉE

Un service national obligatoire pour tous les jeunes vient d’être à nouveau évoqué par le gouvernement.
On avait pourtant l'espoir que le débat sur le sujet avait pu amener  le candidat et ses équipes à se poser quelques questions simples susceptibles de faciliter la réflexion sur le problème
Un  service pour qui? Comment? Quand?  Encadré par qui ?
Si on a bien compris, ce service national obligatoire concernerait environ 800.000 jeunes, filles et garçons, qui seraient convoqués dès l’age de 16 ans pour une durée de 4 semaines.
Première question: Où les reçoit-t-on ? Héberger 800.000 jeunes n'est guère faisable aisément: Le service militaire de jadis concernait moins de 400.000 personnes: On avait pour les recevoir  des casernes qui ont depuis bien longtemps disparu ( qu'elles aient été détruites ou reconverties).
Or aujourd'hui on nous parle d'effectifs deux fois plus importants: Comment répondre à cette demande?   
Certes, il ne s'agit que d'une durée de 4 semaines mais, comme l'idée est de les convoquer à l'age de 16 ans, elle concerne des garçons et des filles tenus par la scolarité obligatoire.  
Comment fera-t-on ?
Faut-il rappeler que sur 12 mois d'une année,huit à neuf sont consacrés à l'enseignement : Il n'en reste donc que deux à trois  susceptibles d’être réservés à d'autres activités comme ce service national dont on ne connait toujours pas le contenu.
Une deuxième question tout aussi essentielle : Qui encadrera ces 800.000 jeunes ? Les militaires auxquels on pense tout naturellement ne sont guère formés pour une telle tache d'ailleurs étrangère à leur vocation aussi bien qu' à leurs missions qui sont de nature bien différentes. 
Or, on a un peu le sentiment qu’il s'agira davantage d'un encadrement genre colonie de vacances  que d'une mission de caractère patriotique, voire militaire.
Enfin serait-il inconvenant de poser une question? 
Quel serait le coût  de cette "expérimentation patriotique" ?
On parle de 3,2 milliards par an dont 2 milliards pour le seul fonctionnement hors dépenses d'infrastructures
Au moment où la Cour des Comptes rappelle au gouvernement qu'il serait temps pour notre pays de s'engager sur la voie des économies, est-il  raisonnable de se lancer dans une aventure aussi  coûteuse pour un résultat plus qu'aléatoire?
Il est possible que le Président de la République qui n'a pas eu l'expérience d'obligations militaires en aie de ce fait une image quelque peu idéaliste (ce qui expliquerait sa tentation de retenir cette formule comme étant susceptible de répondre aux inquiétudes de notre société).
Mais il n'est en tous cas jamais trop  tard pour  renoncer à une fausse bonne idée.






mercredi 27 juin 2018

PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE OU ROI DE LA "COM" ?

Emmanuel MACRON avait annoncé une présidence sobre .
Une année est passée. Qu'en est-il ?
Il n'est que de voir le temps qu'il passe sur nos écrans ou derrière les micros pour avoir une réponse à cette question ? Beaucoup plus que tous ses prédécesseurs réunis.
Aujourd'hui, il est quasiment impossible de passer une journée sans le voir à  la télévision ou l'entendre dans nos radios:
On ne peut oublier "le pognon de dingue" (sic) qui serait  consacré aux dépenses sociales, séquence soigneusement mise en scène par son cabinet et pas davantage la séance de remontrance au jeune garçon du Mont Valérien, tout autant complaisamment  mise en valeur par ses équipes, tout comme la Fête de la Musique dans la cour de Elysée.
Si on y ajoute les déplacements officiels (en Bretagne ou à l'étranger), le Président de la République est partout . 
Que reste-t-il de cet activisme forcené ? Des images, mais peu de résultats: Le projet de budget européen considéré comme l'alpha et l’oméga de son projet européen est refusé par tous nos partenaires. Les critiques virulentes contre l'Italie ont été considérées comme plutôt mal venues de la part d'un pays qui a accueilli moins de réfugiés que ce pays fondateur comme nous de l'Union Européenne.
Qu'en sera-t-il à l'avenir ? 
Il est clair que les peuples européens veulent désormais retrouver leurs capacités de décider de leur destin et refusent de confier cette responsabilité  à Bruxelles  et à une  commission dépourvue de légitimité démocratique.
Ne pas le comprendre risquerait de handicaper pour longtemps l'influence de notre pays en Europe et au delà dans le monde.
Les Français ne veulent pas "plus d'Europe" mais tout simplement "mieux d'Europe".
Il va être temps de l'admettre.