mardi 4 juillet 2017

LE PARLEMENT EST-IL COUPABLE ?

Le discours prononcé par le Président de la République devant le Congrès du Parlement était à la fois philosophique, politique mais surtout très ésotérique.
Peu d'annonces concrètes dans ce discours ; mais peut etre n'en fallait-il pas attendre puisque c'est au Premier Ministre qu'il appartient de déterminer et de conduire la politique de la nation .
Toutefois, il n'est pas indifférent de constater que le Président de la République a pris à son compte les mesures les plus populaires dans l'opinion publique, laissant au Premier Ministre le soin et la charge des plus difficiles.
Au premier rang de ces annonces figure la réduction du nombre de parlementaires qui est tellement dans l'air du temps que presque tous les candidats à l'élection  présidentielle l'avaient proposé.
Cette mesure est très populaire, mais avant de s'enthousiasmer, peut etre n'est-il pas inutile de regarder ce qui existe ailleurs en Europe:
Certes, nous avons 577 députés.
Mais que se passe-t-il ailleurs ?: La Grande Bretagne a 650 députés, l'Allemagne 630, l'Italie également 630, l'Espagne 616, la Pologne 560; Ne parlons pas de la Belgique qui en a 210, des Pays-Bas où ils sont 225 et de la  Suisse qui en a 246.
Ces démocraties sont-elles irresponsables ou outrageusement dépensières ?
En aucune façon mais supprimer un tiers des députés et introduire une dose de proportionnelle (dont on nous dit qu'elle sera de 20 ou 25 % de l'Assemblée) ne saurait etre sans conséquences: Tout d'abord, les députés seront désormais élus dans des  circonscriptions qui compteront au moins deux fois plus d'électeurs qu'aujourd'hui, pendant que  les députés élus à la proportionnelle seront des "députés hors sol" puisque désignés par leur parti. Qu'on le veuille ou non, ce système risque de nous ramener à un régime des partis que, par ailleurs, on prétend combattre.
Une telle orientation ne sera pas sans conséquences sur le fonctionnement des institutions: Les élus seront encore plus éloignés des citoyens. Si on y ajoute la limitation dans le temps de leur mandat , on ne peut que redouter que le contrôle de l'action du gouvernement et de l'Etat soit encore plus difficile: La technocratie risque de prendre le pouvoir;
Ne peut-on craindre en définitive que ce soit la véritable ambition du nouveau pouvoir qui, au prétexte d’efficacité, souhaite surtout pouvoir agir plus librement:
La démocratie y gagnera -t-elle ? Telle est la véritable question.









jeudi 29 juin 2017

"JUPITÉRIEN" ...VOUS DIT-ON !!

La décision d'Emmanuel MACRON de convoquer le Congrès du Parlement le 3 Juillet c'est-à-dire la veille du jour où le Premier Ministre doit prononcer devant l'Assemblée Nationale son discours de politique générale est pour le moins surprenante:
Il voudrait minimiser la place et le rôle de son Premier Ministre qu'il ne s'y prendrait pas autrement :Et pourtant l'article 20 de la Constitution dispose que c'est le Premier Ministre qui détermine et conduit la politique de la Nation .
Les zélateurs du Président de la République peuvent essayer de relativiser les conséquence de cette initiative : Qu'ils le veuillent ou non , il s'agit d'une interprétation pour le moins originale du fonctionnement des institutions puisqu'elle met en cause le rôle et la place du Premier Ministre .
Quelques heures après et presque simultanément, c'est cette fois  le groupe parlementaire de " La République En Marche" qui, contrairement aux usages et à toutes les traditions du Parlement, s'empare de tous les postes au bureau de l’Assemblée Nationale . Ainsi les réunions de ce bureau ressembleront désormais aux réunions des dirigeants de ce mouvement.
On nous avait promis la rénovation de la vie publique, le respect des minorités, la mise en place de nouvelles façons de travailler: On avait insisté sur la nécessaire humilité des élus et des dirigeants : Est-ce faire preuve d'humilité que de faire main basse sur tous les postes qui se présentent ?
On assiste en réalité à un verrouillage complet de l'action politique: Seul , le Président de la République détermine les orientations et davantage encore la mise en place d'un système dont on peut dire qu'il  n'est guère conforme au discours de la campagne électorale.
Il va être temps pour les "macronolatres", qui se croient tout permis, de se souvenir que la France est une démocratie et que l'exercice solitaire du pouvoir n'est pas ce qu'ont voulu les Français en votant en mai et juin dernier.








lundi 29 mai 2017

ERIC ET FLORENCE : LES ACROBATES DE LA POLITIQUE

La tribu LEHERICY vient encore de frapper. Après Eric, voici Florence. Décidément cette famille  ne renonce jamais !!
Leur démarche est toujours la meme: Au nom de choix politiques affirmés parfois bruyamment ou susurrés mezzo voce, ils s'insinuent dans des structures partisanes, s'y font une place plus ou moins modeste , en tous cas discrète, et tout soudain au moment d'échéances électorales, ils contestent (s'ils ne leur conviennent pas) les choix faits par les instances qu'ils ont rejoint et dont ils avaient en principe accepté les règles. Ils se proposent alors pour remplacer celui ou celle qui a été désigné ou qui est déjà en place. 
En 2007 , Eric LEHERICY n'avait pas agi autrement lorsqu'il décida de se présenter contre Claude LETEURTRE député sortant et candidat de la majorité présidentielle; mais il fut battu.
En 2012, il récidive et mène cette fois une liste contre le maire de Lisieux Bernard AUBRIL, dont il était l'adjoint : Il est encore battu mais, cette fois,il doit quitter la vie publique sur l'injonction de son employeur, soucieux que son comportement  d'aventurier de la politique ne finisse  par ternir l'image de l'établissement public qui l'emploie.
Mais rien ne finit jamais chez les LEHERICY :Le mari écarté, c'est la femme  Florence qui entre en scène:  
Chantal ROZIER-GUILLAUME de Saint-Martin de Mieux était candidate  de "La France en Marche" dans la circonscription de Lisieux-Falaise: Lors de la présentation d'une première liste de candidats où la circonscription ne figurait pas, Florence LEHERICY interrogée sur les motifs de cette omission indiquait alors n'avoir aucune préférence entre Clotilde VALTER et elle (cela ne s'invente pas!), n'hésitant  meme pas à ajouter: "je ne connais ni l'une ni l'autre" (sic).
Quelques jours après, nouvelle liste : Coucou, la voilà: Florence LEHERICY, comme son mari naguère, a évincé la candidate annoncée. La voilà candidate de la"France En Marche". Son explication est limpide: "Ma candidature était la plus légitime" Soyons modeste que diable !! et d'ajouter: "Si quelqu'un a fait campagne pour la présidentielle, c'est moi" Toujours modeste bien sur !
Le tour est joué : du LEHERICY pur sucre ! Et une nouvelle illustration de la devise de cette famille:" Ôtes-toi de là que je m'y mette".
Est-ce là ce qu'on appelle aujourd'hui"la politique autrement" ?  

P.S. Une nouvelle acrobatie de Florence LEHERICY : Elle vient d'adhérer au MODEM  . Quelle sera sa prochaine étiquette ?    A suivre !!


  





vendredi 26 mai 2017

UNE BONNE NOUVELLE: JEAN-MICHEL BLANQUER MINISTRE DE L'EDUCATION NATIONALE

Jean Michel BLANQUER, ancien directeur de l'ESSEC, est le nouveau ministre de l'Education Nationale.
C'est une bonne nouvelle.
Pas parce que Madame BELKACEM s'en est émue et semble ne pas l'avoir très bien pris; pas davantage parce que Alain JUPPE et François FILLON avaient pensé en faire leur ministre de l'Education, pas davantage non plus parce que François BAROIN est un de ses meilleurs amis, mais tout simplement parce que ses objectifs, tels qu'il les a exprimés, correspondent aux besoins essentiels de notre système éducatif massacré par les expérimentations incessantes de "pédagogistes" soi-disant innovateurs.
Le premier de ces objectifs (et peut-etre le plus important) se résume en quelques mots :" Que tous les élèves de France sortent de l'école primaire en sachant lire, écrire, compter... et respecter autrui ". Qui pourrait mieux dire ?
Mais, au delà de cette ambition, un certain nombre d'initiatives, qu'il est possible sans polémiquer de qualifier d'hasardeuses, devront etre remises en cause.
Il en est ainsi des nouveaux rythmes scolaires contestés par les enseignants, les communes et les familles .
En quoi serait-il choquant de laisser aux communes et aux enseignants de leurs écoles le soin de choisir ( entre la semaine de quatre jours et la semaine de quatre jours et demi ), le rythme qui leur parait le mieux correspondre aux attentes des maîtres et des familles. Le temps  n'est-il pas d'ailleurs venu de donner aux chefs d'établissements un minimum d'autonomie ?
Il en est de meme de la réforme des collèges imposée sans la moindre concertation: En quoi ,par exemple, la réintroduction du latin et du grec dans les programmes serait-elle un recul alors que ces matières sont constitutives d'une meilleurs connaissance de notre langue. 
De meme, à une époque où la mondialisation (qu'on le veuille ou non) s'impose peu à peu à tous, il est urgent de privilégier l'apprentissage des langues étrangères: Commençons, d'abord , par rétablir les classes bi-langues, supprimées hier au nom d'une soi-disant égalité (était-ce l'égalité de maintenir 96 % de ces classes  à Paris et d'en supprimer 84% dans l'académie de CAEN !).
De meme , pourquoi s'indigner de voir repenser l'enseignement de l'histoire dévasté par des a-priori doctrinaires qui avaient privilégié des concepts abstraits  aux dépens de la chronologie, alors que l'histoire, c'est d'abord la chronologie: Une nation a besoin de repères historiques: Quoi qu'aient pu penser les ministres de l'Education nommés par François HOLLANDE , le fait de connaitre les rois de France n'est pas du passéisme.
Le temps est enfin venu de redonner à l’éducation la place qu'elle n'aurait jamais du perdre dans les priorités de l'Etat:
Le nouveau ministre semble le penser et le vouloir : Au delà de nos préférences, il nous faut donc lui souhaiter de réussir et d'y parvenir.

vendredi 19 mai 2017

UN GOUVERNEMENT "MACRONIEN"

Enfin, nous y sommes !! Le nouveau Président de la République a constitué un gouvernement à son image: Celle de l’ambiguïté: D'abord une majorité de ministres ouvertement ou discrètement  socialistes, une pincée d'otages recrutés non sans peine au centre et à droite, un paquet de techniciens ( pour ne pas les appeler technocrates !), le tout "ni de droite ni de gauche" ou à la fois "de gauche et de droite" (pour employer le vocabulaire macronien)....et le tour est joué.
L'opération de recomposition, comme on dit, ne s'est toutefois pas déroulée sans difficultés: Celles qu'on a vu s'étaler en pleine clarté comme la (feinte) colère de François BAYROU ou celles plus discrètes qui se sont déroulées au centre et à droite où des ambitions souvent anciennes et de moins en moins dissimulées ont provoqué la  colère ou en tous cas la déception d’hommes et de femmes attachés à leurs valeurs et déçus de voir que ces ambitions personnelles l’emportaient trop souvent sur  la loyauté, amenant meme certains aux cotés desquels ils avaient fait campagne lors de l'élection présidentielle à oublier voire à contredire ce qu'ils défendaient quelques semaines plus tôt.
Si on en croit le premier secrétaire de ce qui reste du Parti Socialiste, il s'agit d'un gouvernement de droite . Si on entend François BAYROU,c'est enfin le miracle (puisqu'il est enfin revenu au pouvoir !). Si on écoute enfin le chœur des thuriféraires d'Emmanuel MACRON , on a découvert la potion magique . 
C'est donc le début d'une nouvelle ère. Bref , tout commence !!
Les premières initiatives du nouveau pouvoir vont, à l'évidence,  s'efforcer de ne choquer personne et de donner au plus grand nombre l'espoir que des mesures nouvelles seront de nature à mobiliser les citoyens  lui permettant ainsi  de rassembler le plus grand nombre d'électeurs afin de lui donner les mains libres pour mener l'action qu'il a décidée.
Pour  celles et ceux qu'une telle perspective ne rassure  pas totalement, le temps est peut-etre venu de méditer ces dictons de la sagesse populaire " Tout nouveau, tout beau" et un autre qui recommande de" ne  pas mettre tous ses œufs dans le meme panier".
Gageons que cette sagesse populaire sera utile a beaucoup d'entre nous  !
Ces élections législatives  mettront enfin un terme au processus électoral qui, depuis des mois, occupe les esprits et mobilise les énergies.
Il restera alors à gouverner

mercredi 10 mai 2017

MACRON : LE CHOIX DU ROI !

Pendant cinq ans, François HOLLANDE a multiplié les échecs :Bien peu nombreux sont ceux qui le contestent.
En revanche,  il a  réussi son ultime manœuvre : Faire élire un successeur de son choix :
Car, qui peut s'y tromper ? : La mise sur orbite d'Emmanuel MACRON n'a pas été le fruit du hasard; elle n'est pas davantage le résultat d'un complot qu'aurait ourdi Emmanuel MACRON contre le Président en place (et  à son insu !) .
Elle est simplement la démonstration des capacités manœuvrières de François HOLLANDE.
Après avoir nommé Emmanuel MACRON au secrétariat général de la Présidence de la République,dès son élection, le 15 mai 2012, il le fera entrer au gouvernement le 26 Août 2014 en remplacement d'Arnaud MONTEBOURG : Il lui confie aussitôt l'adoption d'un texte un peu fourre tout et donc très "grand public" qui lui permet de se faire connaitre des français, d'autant plus facilement que sa plasticité politique donne de lui une image d'ouverture.
Si la loi-travail lui échappe, elle va  aggraver l'impopularité de François HOLLANDE.  
Le temps est alors venu pour lui de quitter un navire qui prend l'eau: Il démissionne  en Août 2016.
Ainsi après 2 ans à l'Elysée et 2 ans au gouvernement, il va donc pouvoir se lancer pour l'emporter.
François HOLLANDE aura réussi sa dernière opération: Se choisir un successeur.
La cérémonie du 8 mai à l'Arc de Triomphe en a constitué l'éclatante illustration; Les attentions répétées du Président sortant à l'égard de son successeur n'ont pu le laisser ignorer: Faute de pouvoir se représenter lui-même en raison de son impopularité, il  a trouvé le successeur dont il avait rêvé.
Certes, pendant toute la campagne, celui-ci s'est efforcé de ne pas le laisser paraître.
De meme, et afin de préparer les élections législatives et d'obtenir la majorité dont il rêve,  il va tout faire pour dissimuler la réalité de cette "filiation".
Mais son  discours en permanence balancé ne permet guère d'imaginer ce qui se passera après.
Sa propension au secret ( qui contraste heureusement, il est vrai, avec les épanchements permanents de son prédécesseur)  peut présenter des risques politiques compte tenu de l’évolution des opinions publiques toujours prêtes à contester les décisions les plus modestes meme si elles sont considérées symboliques.
Mais jusqu’aux élections législatives de juin, la suite n'est pas écrite.
Peut-etre saurons-nous alors ce que nous réserve l’avenir.










jeudi 4 mai 2017

LES "MALGRÉ NOUS"

Un débat consternant.
L'élection du Président de la République mérite mieux que le spectacle qui a été infligé aux français par des candidats qui avaient décidé de remplacer leur opposition naturelle et légitime d'adversaires politiques par une haine personnelle et réciproque qui ne devrait pourtant pas avoir sa place dans une démocratie. 
De ce fait, la violence l'a disputé à la médiocrité d'un bout à l'autre.
Qui aujourd'hui est en mesure d'imaginer l'avenir de notre pays ? : Si Marine LE PEN, par sa violence et son agressivité, a dévasté le débat, force est bien de constater qu'Emmanuel MACRON ne s'est guère préoccupé de calmer le jeu, ni de donner aux électrices et aux électeurs qui ne l'avaient pas choisi des raisons de soutenir sa candidature pour le deuxième tour.
Certes,il est confortable de s'en prendre avec violence à une candidate qui n'espère que cela, mais peut-etre aurait-il été plus utile de chercher à comprendre les raisons de ceux qui n'ont pas voté pour vous.
Manifester un européisme débridé peut satisfaire les fanatiques d'une Europe fédérale dans laquelle les nations disparaîtraient, mais n'est certainement pas le moyen de rassurer ceux qu'exaspère l'interventionnisme permanent des eurocrates de Bruxelles.
Faut-il rappeler qu'en 2005 déjà, les français avaient dit non au projet de Constitution européenne ?
De meme, il est clair que, pour Emmanuel MACRON, la lutte contre le terrorisme et la délinquance en général n'est guère une priorité: Il semble avoir un peu de mal à comprendre que pour beaucoup et notamment dans "les quartiers" (comme il dit) ce problème est plus que prégnant . Et quand, dans le meme temps, il reçoit le soutien de Christiane TAUBIRA dont l'attitude à l’égard de la délinquance a toujours laissé perplexe une grande partie de la population française,il est clair que celles et ceux que l'insécurité inquiète l'écoutent avec perplexité.
Emmanuel MACRON semble considérer que sa victoire est assurée et qu'il n'est nul besoin de faire des efforts pour la consolider. 
Il n'arrive pas à comprendre que si, pour la majorité des électeurs de la droite et du  centre, voter pour Marine LE PEN n'est en aucun cas une option  acceptable, il reste, quant à lui, un adversaire politique pour lequel ils ont peu de sympathie ( c'est le moins qu'on puisse en dire), d'autant que tous ont compris qu'il était en réalité  socialiste et qu'en outre il n'était qu'un clone de François HOLLANDE dont ils ne voulaient plus depuis longtemps.
Qu' Emmanuel MACRON le sache :
Ceux qui  voteront pour lui le feront comme des "malgré nous".