mardi 16 octobre 2018

"ET A LA FIN ....C'EST CASTANER QUI GAGNE"

Au football, il est une formule bien connue des amateurs du ballon rond: Chaque fois qu'une compétition commençait, on énumérait toutes les issues imaginables et on concluait toujours de la même façon : "Et à la fin c'est l'Allemagne qui gagne" ( N.D.L.R. cette conclusion était valable pendant des années, il semble qu’elle ne le  soit plus désormais !!!).
On vient d'assister à une sorte de mise en application de cette formule à la politique: Lors du remaniement du gouvernement qui vient de se terminer, tout était en effet possible, mais, comme au football ,à la fin c'est Castaner qui  gagne .
Alors pourquoi une telle mise en scène qui aura duré près de deux semaines alors que dès le premier jour on connaissait la fin
Deux explications sont données par les experts de la chose politique: Ou bien il y a eu conflit entre le Premier Ministre et le Président de la République ( Impossible s’indigne la "macronie" : Le nouveau pouvoir ne saurait avoir ce genre de comportement !!) 
Ou bien le Président de la République est incapable de trancher lorsqu'un problème important se pose à lui  ( Encore plus inimaginable pour les mêmes !!!) mais tellement invraisemblable lorsqu’il s'agit d' un homme dont le slogan politique est "en même temps" et qui passe son temps à équilibrer une gauche et une droite dont il nous  dit "en même temps "qu'elles n'existent plus.
Espérons simplement pour le Président de la République que Christophe CASTANER ne va pas mettre ses pas dans ceux de son prédécesseur et démissionner pour reconquérir la ville de FORCALQUIER !!
Que dire du reste de cette séquence : 
"Tout ça pour ça !!"  Qui peut croire que le remplacement du socialiste Stéphane TRAVERT au ministère de l'agriculture par le  socialiste Didier GUILLAUME  va bouleverser les choses.
Trois membres du gouvernement en plus vont-ils modifier la ligne politique d'un gouvernement qui est de plus en plus un gouvernement MACRON :Pourquoi s'en étonnerait-on ?
Et pourtant pendant ce temps, qui ne voit que le monde va mal 
Les élections  font partout apparaître une angoisse qui s'empare des peuples devant l'évolution du monde ( pas seulement pour le climat):
On le voit en Europe ( en Allemagne aujourd'hui après l'Europe centrale, l'Italie hier et jusqu'en Suède) sur le continent américain ( aux Etats-Unis hier comme au Brésil aujourd'hui):
Il est facile de condamner ce qu'on appelle populisme comme si le populisme n'était qu'un "mot valise" qui permet d'éviter de se poser des questions sur la signification des choix des  peuples.
Il devient urgent pour chacun d'entre nous de nous interroger sur cette évolution  du monde: Ni le racisme, ni le sexisme ,ni l'homophobie,ni le fascisme ne suffisent à expliquer ce qu'on s’obstine à appeler populisme: Est-il interdit de penser que l'argent-roi , la violence (dont on nous dit qu'elle a toujours existé mais qui est le contraire de la civilisation) et l’égoïsme si répandu n'ont pas quelques responsabilités dans cette dégradation.
La mission du politique n'est pas seulement de gouverner les hommes, elle est d'abord et avant tout d'essayer de les comprendre. 
Essayons de nous en souvenir.










mercredi 3 octobre 2018

MANUEL VALLS : UNE AVENTURE ?

Le choix de Manuel VALLS de quitter la France pour Barcelone et l'Espagne ne saurait laisser indifférent aucun de ceux qu'intéresse le débat politique national.
Certains présentent sa décision comme l'aveu d'un échec personnel (encore qu'avoir été ministre de l’intérieur, Premier Ministre et maire d'une préfecture ne saurait être considéré comme un échec); d'autres veulent y voir la manifestation d'une ambition personnelle qu'il n'aurait plus la possibilité de réaliser demain en France, compte tenu notamment de la nature de ses relations difficiles (pour ne pas dire davantage) avec le Président de la République ; d'autres enfin y voient, de façon peut être plus proche de sa vérité et des réalités d'aujourd'hui et de demain, un objectif personnel, celui de mener un combat (qu'il présente comme européen) : Défendre l'unité de l'Espagne menacée par le risque d'une sécession de la Catalogne d'où il est originaire. 
Chacun peut retenir l’explication qui lui semble à la fois la plus conforme à l'image qu'il se fait de lui et la plus proche de la vérité. 
On pourrait, en tout cas, dire de ce choix qu'il constitue pour lui une véritable aventure  sans que, pour cela, il puisse être considéré lui-même comme un aventurier au sens qu'on donne souvent à ce mot. 
Car Manuel VALLS prend à coup sur un risque, ne serait-ce que pour sa réputation politique, alors qu'il aurait pu, comme député de la République, garder la possibilité d'attendre patiemment des jours meilleurs et conserver pendant les années qui viennent son statut social.
Si on peut donc s'interroger sur son choix, le réduire à une simple ambition personnelle ne serait , à première vue, guère conforme  à son personnage.
Il appartiendra à l'avenir de juger de son choix.
En attendant, une  chose est certaine: Son départ de la scène politique nationale ne sera pas sans effet : Tout en se réclamant de la gauche et de sa  politique sociale, il avait en effet réussi à incarner une ligne politique exigeante sur le plan régalien :Pour lui, l'Etat se doit d'imposer son autorité partout où celle-ci est mise en cause .Pour lui aussi, la laïcité constitue un élément essentiel du pacte social.
Au risque de le caricaturer, Il était  en quelque sorte un marginal de gauche.
Mais de ce fait, il existait dans le débat politique français: Il risque donc de lui manquer.














mardi 2 octobre 2018

GOUVERNEMENT OU COUR DU ROI PETAUD ?

Le Président de la République s'affirmait naguère " roi des horloges ".
Il est clair aujourd'hui qu'il en a perdu les clés. 
Il n'est plus aujourd'hui qu'à la tète de la cour du Roi Petaud (1) 
Ses ministres se moquent ouvertement de lui:
Après Nicolas Hulot ministre dit de la transition écologique qui lui claque la porte au nez et rentre dans sa Bretagne natale en ne l'avertissant même pas de son départ, voila l'autre Ministre d'Etat, le Ministre de l’intérieur lui-même,  qui annonce son intention de quitter le gouvernement quand cela l’arrangera, c'est à dire en mai ou juin, puis, devant le mécontentement évident du Président de la République, décide, seul dans son coin, d'annoncer sa démission immédiate.
Le Président de la République la refuse,  mais la lecture d'un quotidien du matin va lui apprendre que cette démission refusée est à nouveau confirmée.
Le Premier Ministre, qui, comme le Président de la République précédemment, n'avait pas été informé de cette initiative de son ministre d'Etat l'apprend, quant à lui, pendant la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée  et  a du mal à cacher sa surprise, pour ne pas dire davantage.
La République En Marche nous avait promis un monde nouveau .
Comme on le voit, on a effectivement quitté l'ancien monde pour entrer dans une nouvelle ère avec des méthodes de gouvernement ( oserait-on dire de management ...Soyons modernes que diable!! ) bien différentes de celles des responsables politiques de "l'ancien monde" qui avaient tendance à respecter un certain nombre de principes dans l'art de gouverner, principes plus soucieux du fond des choses  que des règles de la communication moderne.
Mais est-il vraiment plus moderne de passer son temps à embrasser tout le monde dans les rues plutôt que d'exercer les fonctions que les français ont décidé de vous confier ?


( La cour du roi Pétaud désigne un groupe ou une assemblée où chacun veut commander où l'ordre est absent :On parle aussi de pétaudière)




vendredi 28 septembre 2018

ET LES ECONOMIES C'EST POUR QUAND ??

Inlassablement on parle d'économies; inlassablement le gouvernement les remet à plus tard.
Et pourtant le Président de la République vient d'affirmer au cours d’une de ses pérégrinations qu'il affectionne quand il se déplace qu' "il a  dans le ventre l'impatience de 65 millions de français" .Pourquoi n'a-t-il  pas la même impatience pour faire les économies  que les français attendent ?
Car comment parler d'économies quand, sur l'emploi public par exemple, on apprend  qu'il n'y aura que 4164 emplois supprimés l'année prochaine ( en 2018 il y en avait eu 1600 !!) alors que l'objectif annoncé est de 50.000 suppressions pendant le quinquennat, soit une moyenne de 10.000 par an. 
Qui peut croire que cet objectif sera atteint lorsque, à la veille d'échéances électorales et dans les trois dernières années de ce quinquennat, il faudra  supprimer chaque année 15000 agents de l'Etat. 
Dans le même temps on apprend que, contrairement à ce qui avait été sans cesse proclamé, et même seriné, (en tous cas compris) la taxe d’habitation ne disparaîtra pas complètement cette année, ni même d'ailleurs l’année prochaine, mais seulement en 2020  (à condition que d'ici là un nouveau report ne soit pas décidé !!) 
Or, le gouvernement avait pourtant affirmé que la suppression de cette taxe devait compenser pour les personnes âgées l’augmentation de la CSG qui ,elle, s'est appliquée dès le début de l'année:
Il avait "oublié" de parler du calendrier.
Si on ajoute à cela la désindexation des pensions qui vient d’être annoncée pour les années qui viennent), comment s'étonner de la perte de confiance que subit le pouvoir en place ?
Il est bel et bon de prononcer devant les Nations Unies un discours fracassant en se proclamant le chef des progressistes face aux conservateurs ( c'est à dire ceux qui ne sont pas de son avis).
Il serait plus efficace (et en tous cas plus exemplaire) de mener une politique la fois réaliste et responsable.
Car l'année prochaine le déficit de la France atteindra 98,7 milliards d’euros contre 81,8 milliards en 2018.
On peut s'en prendre simultanément à l'Italie, à la Pologne, à la Hongrie et au Brexit; c'est peut-être intellectuellement satisfaisant, il n'est pas certain que l'efficacité politique y trouve son compte.
Comment imaginer que les nations européennes et leurs peuples seront tentés de suivre Emmanuel MACRON dans sa croisade?
Construire l"Europe (ou plutôt aujourd'hui la reconstruire) exige à la fois modestie et ambition, modestie dans le propos, ambition dans les idées.
Les peuples d'Europe n'acceptent plus n'importe quoi : Il faut s'en souvenir.












samedi 15 septembre 2018

Y- A- T- IL LE FEU AU LAC ! ?

Depuis quelques jours à l'évidence, le pouvoir s'inquiète de la prochaine audition d'Alexandre BENALLA devant la Commission d’enquête du Sénat: Le porte-parole du gouvernement Christophe CASTANER est envoyé en éclaireur et s'en prend à la Commission  accusée sans nuance excessive de violer la Constitution, ensuite la Garde des Sceaux prend le relais pour contester le raisonnement juridique de la Commission; enfin, pour couronner le tout, on apprend que même le Président de la République s'en mêle qui appelle le Président du Sénat (même sans connaitre les termes de la conversation, on n' imagine pas qu'il  se soit simplement agi de mondanités !).
Comment dans ces conditions, ne pas s'interroger sur ce qui ressemble un peu à un début de panique à la veille de l’audition d’Alexandre BENALLA ?
Mais que redoute donc la "macronie" pour déclencher un tel tir de barrage ?
Certes le comportement de l’intéressé à l'égard du Sénat en général et des sénateurs en particulier ne manque pas d’interloquer : Même Jean Luc MELENCHON pourtant habitué aux pires violences verbales s'en étonne: C'est dire !
Qu'il soit donc urgent de calmer le jeu, rien de plus normal .
Mais demander au porte parole du gouvernement d'abord , puis à la Garde des Sceaux ensuite d'intervenir dans ce qui ne devrait être qu'une péripétie  dans une affaire au demeurant plutôt banale ( et qui n'est devenue ce qu’elle est aujourd'hui  qu'en raison de l'étrange façon dont elle a été traitée au plus haut niveau de l'Etat) ne manque pas d’interpeller.
Si en effet, à l'origine, le comportement de Monsieur BENALLA  avait été considéré simplement comme un manquement grave aux obligations d'un fonctionnaire de la Présidence de la République et traité comme tel ( c'est à dire sanctionné comme cela aurait été normal), nul ne s'en serait particulièrement préoccupé et il n'y aurait pas eu d'affaire BENALLA .
Mais comme tout semble avoir été fait dès l'origine pour qu'on en parle le moins possible et que, jour après jour, le comportement des responsables politiques confirme cette volonté de  dissimulation,on ne peut que s'interroger sur ses motifs et sur le vrai rôle d'Alexandre BENALLA dans le fonctionnement de la Présidence de la République.
Comment alors s'étonner que ce qui n'était à l’origine qu'un banal fait divers et qui aurait du le rester, devienne au fil du temps un problème dont on peut dire sans polémiquer qu'li mériterait une réponse appropriée et ce ,au plus haut niveau de l'Etat ?







  

jeudi 6 septembre 2018

C’ÉTAIT BIEN DE LA COM. !!! ( SUITE )

Lors de son dernier déplacement, Emmanuel MACRON a choisi la Finlande pour s'interroger publiquement (ou plus exactement pour faire mine de s’interroger) sur la faisabilité du prélèvement à la source, un des rares legs de François HOLLANDE dont il s'était emparé ( Il est vrai sans trop s'en vanter).
Mais il était déjà clair que cette interrogation en public n'avait qu'un but: détourner l’attention du bon peuple des difficultés que le Président de la République rencontre depuis l'affaire BENALLA.
En réalité, il était évident qu'il ne pouvait plus guère renoncer à une réforme qu'il avait présentée comme essentielle, mais il fallait en même temps (comme on dit à "La République en Marche")  détourner l'opinion publique des affaires en cours et montrer  sa sollicitude pour les soucis des Français.
Renoncer aurait en outre mis à mal son image de réformateur qu'il ne cesse de cultiver depuis son élection. Et pourtant, comme le lui a rappelé un peu cruellement son prédécesseur, François Hollande, la réforme n'est pas un projet mais simplement un moyen d'atteindre des objectifs.
A ce sujet , il pourrait se souvenir d'un homme qui ,il y a  bientôt un demi siècle, avait, à son image,fait une entrée fracassante sur la scène publique en entonnant un hymne à la réforme. 
Il se souviendrait ainsi que Jean Jacques SERVAN-SCHREIBER (car c'était lui) disparut de la scène politique en même temps que le mouvement des réformateurs qu'il avait fondé et presque aussi vite qu'il y était arrivé.
Mais Emmanuel MACRON avait également (et toujours en même temps!!) à régler un autre  problème, celui posé par la démission de Nicolas HULOT : Là aussi, profil bas: On cherchait un écolo pur sucre; on a trouvé un édulcorant sans grande saveur qui a eu le mérite "en même temps" de libérer la Présidence de l'Assemblée Nationale au profit d'un marcheur de bonne extraction. 
Comme on le voit, on a changé d'époque !!
Plus de ces combinaisons politiciennes qui illustrait l'ancien monde !! : On a retrouvé les règles du jeux de chaises musicales bien classiques et on continue imperturbablement à dérouler les déclarations certes sans lendemains, mais, on l'espère, politiquement profitables .
Les nouvelles du monde et les problèmes de notre pays sont suffisamment préoccupants pour qu'on se pose une question : 
Le temps n'est-il pas venu de gouverner ?







  

vendredi 31 août 2018

DE LA COM', DE LA COM', TOUJOURS DE LA COM' !!!

Étrange, pour ne pas dire davantage.
Le Président de la République entreprend un nouveau déplacement à l'étranger (un de plus !!) ,cette fois-ci dans les pays scandinaves dont il vante souvent les vertus.
Profitant de cette opportunité (et contrairement aux usages qui veulent qu'on évite d'évoquer à l'étranger les problèmes nationaux )  il se lance au Danemark dans une comparaison osée entre un pays "luthérien" (où est la laïcité exigeante dont il se réclame souvent ?) et le peuple gaulois qui serait allergique à la réforme.
Aussitôt s'entame une (petite) polémique à propos d'un Président qui , depuis l'étranger, ferait le procès d'un  peuple français timoré et sans ambition , soulevant aussitôt la bruyante indignation de la cohorte habituelle d'observateurs, journalistes et hommes politiques en mal de notoriété.
Et, pour faire bonne mesure, il enchaîne aussitôt (cette fois en Finlande)  sur le prélèvement à la source, réforme emblématique de son mandat dont il s'interroge (ou fait mine de s'interroger) sur la faisabilité dès cette année, alors qu'au même moment le ministre compétent assure que tout est prêt pour en assurer le succès.
On pourrait se poser des questions sur cet apparent désordre dans la communication du pouvoir, si on oubliait de prendre en compte la virtuosité du Président de la République dans ce domaine.
En réalité, il n'y a nul mystère dans ce comportement.
De quoi s'agit-il en effet ? D'abord de changer de sujet, c'est à dire ne plus parler de la démission de Nicolas HULOT et surtout des commentaires dont celui-ci avait accompagné son départ ,commentaires particulièrement sévères sur la façon de gouverner du Président de la République.
N'en parlons plus, ou plutôt parlons-en le moins possible.
Déjà, il avait essayé de procéder ainsi à l'occasion de l'affaire BENALLA dont il avait affirmé d'abord qu'elle n'intéressait personne et que, de toutes façons, la proximité des vacances allait la faire disparaître de l'actualité.
Avouons-le: le Président de la République a une grande capacité pour communiquer
Mais,au pouvoir, il ne s'agit pas seulement communiquer, il faut aussi gouverner.