mercredi 10 juillet 2013

DES COURS DE CLAQUETTE POUR APPRENDRE A LIRE

La fin de l'année scolaire est l'occasion de s'interroger sur les résultats obtenus par une structure qui compte plus de 1.000.000 de fonctionnaires et concerne plus de 12 millions d'élèves.
Certes, les résultats du baccalauréat peuvent faire illusion tant ils sont en apparence brillants (86,8% de reçus).
La réalité est hélas bien différente, car les chiffres sont là :
Qu'il s'agisse de l'histoire et de la géographie ou de l'orthographe et du calcul, dans toutes ces matières , les résultats sont consternants et nous mettent dans les derniers rangs de tous les classements européens.
Quant à l'avenir, les perspectives ne sont guère encourageantes :

C'est ainsi que la France , en termes d'utilisation du numérique pour l'éducation, est classée au 24ème rang des pays de l'OCDE .
Nous consacrons moins de 20 millions d'euros par an à l'achat de logiciels et de manuels numériques ( alors que nous dépensons 300 millions pour les manuels papier ) .
Certes, les temps sont difficiles, mais le gouvernement ne parvient pas à faire les choix qui préparent l'avenir.
La Cour des Comptes ne cesse de répéter que l'Education Nationale ne souffre pas de sous-effectifs et qu'il s'agit principalement d'un problème d'organisation. Le Ministre n'en tient aucun compte et s'obstine : Après avoir décidé d"embaucher 60.000 enseignants supplémentaires en 5 ans, il vient d'y rajouter le recrutement de 10.000 fonctionnaires de plus.
Or, 60000 enseignants nouveaux représentent une dépense de 1,4 milliards par an : Et 10.000 de plus y ajoutent  quelques centaines de millions d'euros chaque année. 
Quand on rapproche les chiffres , en s'aperçoit que les moyens existent, mais que la politique choisie , avant tout clientèliste, tourne le dos au progrès.
Un exemple de ces choix pour le moins étranges: L'idée, plutôt surprenante, mais présentée comme révolutionnaire, de faire financer par les communes l'allongement d'une demie-journée de l'actuelle  semaine de 4 jours de scolarité:
Celles-ci devront désormais recruter des personnels compétents pour mettre en place des activités en quelque sorte complémentaires de celles de l'école sans avoir sur le sujet une compétence particulière dans un domaine qui à l'évidence n'est pas le leur .
Résultat : Seul, un quart des communes sera en mesure d'appliquer ce système à la rentrée.  Celles qui y parviendront auront d'ailleurs bien du mal à répondre aux objectifs fixés par un ministère qui préfère se décharger sur elles de fonctions qui devraient rester les siennes.
Un  exemple révélateur du flou, de l'improvisation et du laisser-aller qui a présidé à cette "réforme" est celui de la Ville de Paris qui, toujours à l'avant garde de l'actualité,va mettre en place à la rentrée de septembre des cours de claquettes:
A Paris,  pour apprendre à lire , suivons des cours de claquette ! ! !
On  n'arrête pas le progrès.

P.S. On apprend que le gouvernement veut supprimer les bourses au mérite qui, réservées aux meilleurs bacheliers, permettait aux meilleurs de recevoir pendant 3 ans 1800 euros par  an.
Ce gouvernement, à l'évidence, ne supporte pas d'aider ceux qui travaillent et réussissent. Comment s'étonner ensuite que les meilleurs des jeunes français aient tendance à quitter la France ?

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