mardi 18 novembre 2014

LA RUSSIE, NOTRE ALLIÉE

Faut-il livrer les Mistral à la Russie ? Le Président de la République vient de déclarer, à juste titre, que seul l’intérêt de la France dicterait sa décision.
Il s'agit en effet d'un choix politique.
Mais, pour faire ce choix, trois éléments doivent être pris en compte.
Tout d'abord le respect des accords passés et signés, puisqu'il s'agit de la conclusion normale de rapports entre vendeurs et acheteurs.
Ensuite l'intérêt national: 
Certes, le commerce des armes est destiné à mener des conflits armés et nul ne songe à le nier, mais choisir de le pratiquer suppose une confiance absolue entre les parties. 
A cet égard, ne pas livrer les matériels vendus ne pourrait que compromettre aux yeux de nos acheteurs la confiance qu'ils attendent de nous.
Comment espérer vendre demain nos Rafale à l'Inde ou à un état du golfe, des sous- marins à l'Australie ou encore d'autres matériels ailleurs si, sous des prétextes à notre seule appréciation, ils ne sont pas assurés d’être livrés le moment venu ?
Enfin,(et au delà de ces considérations peut-être quelque peu conjoncturelles), il ne faudrait pas ignorer l'Histoire.
Sans remonter à Voltaire et à ses relations avec la grande Catherine, on ne doit pas oublier que, dans l'Histoire,et au delà des problèmes de personnes, les rapports de la France avec la Russie ont presque toujours été marqués par l'amitié.
Qui ne se souvient qu'en 1944,quelques semaines après la libération de Paris,et six mois avant la fin de la guerre, le Général de GAULLE s'était rendu à Moscou pour conclure un traité d'amitié avec la Russie, (comme il l'a toujours appelée: car, pour lui, (au delà des péripéties politiques qui se traduisaient alors par son appartenance à l'Union Soviétique) elle a toujours été une donnée permanente de l'Histoire et de la géographie de l'Europe dont il affirmait déjà qu'elle s’étendait de l'Atlantique à l'Oural).
Les péripéties actuelles ne sauraient, en aucun cas, ignorer ces réalités historiques, politiques et stratégiques.
Pour toutes ces raisons, juridiques, commerciales et politiques, il faut donc livrer les navires à la Russie, puisqu'elle nous les a achetés.
Ne pas les livrer alors qu'elle les a commandés et payés serait en outre un geste inamical susceptible de conséquences politiques graves,  non seulement pour notre pays, mais aussi et surtout peut-être pour l'Europe.
Car, malgré les injonctions des Etats-Unis et la crainte révérencielle de beaucoup de nos partenaires  européens à leur endroit, l’intérêt de notre pays et aussi de l'Europe est à l'évidence de regarder vers l'Est. 
Rejeter la Russie vers la Chine serait  une erreur  pour l’avenir de l'Europe.
La Russie doit, en toute hypothèse, rester un partenaire privilégié de notre pays.
Car il ne faudrait pas l'oublier:
                                               Les régimes et les hommes changent, les peuples et les états restent.  
Si l'indépendance nationale a des vertus pour les Etats-Unis ou pour l'Allemagne, elle en a tout autant pour la France.   
Ne l'oublions jamais.         














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