jeudi 26 mai 2016

LA LEÇON AUTRICHIENNE

Les élections qui viennent de se dérouler en Autriche doivent nous faire réfléchir : Que les deux partis au pouvoir depuis la guerre (ensemble ou séparément) aient été éliminés dès le premier tour (avec un total de 22 % des voix) ne saurait nous laisser indifférents. 
Comment en est-on arrivé là ? 
Au moment où on entend ici ou là la musique insinuante de l’union nationale (Tout irait mieux si la gauche et la droite gouvernaient ensemble), on ne saurait ignorer ce qui s'est passé à Vienne :
Pour les électeurs autrichiens (ils viennent de le dire), le résultat de l'union nationale qu'ils vivaient depuis la dernière guerre a eu comme résultat que, de compromis en compromis entre les partis au pouvoir, une partie des valeurs de la gauche comme de la droite s'est lentement évaporée: Or, pour eux, la gauche continue à exister et la droite n'a pas disparu.  C'est pourquoi ceux qui restaient attachés à leurs valeurs ont eu l'impression que certaines d'entre elles étaient en fait abandonnées .
Ils ont, de ce fait, considéré qu'ils n'étaient plus représentés par ceux qu'ils avaient élus.
Ils ont alors choisi le candidat qui continuait à leur parler de ces valeurs: Que, loin de l'Autriche, certains aient fait mine de considérer qu’il s'agissait de candidats extrémistes (écolo à gauche, populistes à droite) n'a pas fait renoncer les électeurs à ce qu'ils souhaitaient: Choisir des candidats qui défendaient clairement les valeurs auxquelles ils étaient attachés: Ce n'est pas parce que les écologistes français ont fait mine de croire que l'élection du candidat choisi était une victoire de l'écologie ou que le Front National a célébré le score du candidat battu comme un succès de l’extrême droite que cela correspond à la réalité.
Cessons de nous gargariser de fausses bonnes idées: Oui ,la gauche existe encore (même si en France, elle est en bien mauvaise état ! ). Oui, la droite existe et elle a le droit de défendre les valeurs qui sont les siennes: La grandeur et l'indépendance de la France, l'autorité, le respect, le droit à la différence etc...
Mais il faut s'y faire: Dans toute l'Europe aujourd'hui, les opinions publiques semblent déboussolées par le caractère de plus en plus chaotique de la construction européenne tout autant que par l'arrivée massive sur notre continent de migrants chaque jour plus nombreux.
Devant cette situation, les européens réagissent de façons diverses : En Slovaquie ou en Hongrie en refusant l'arrivée des migrants, en Pologne en durcissant l'attitude du pouvoir, en Grèce en choisissant l’extrême-gauche, en Grande-Bretagne en menaçant de quitter l'Europe et en Autriche en signifiant clairement leur volonté de voir leurs convictions respectées même si elles ne sont pas "politiquement correctes".
Au delà de ces réactions souvent contradictoires, il importe désormais que les gouvernements européens trouvent des réponses à la fois réalistes et concrètes afin de sortir de la crise presque existentielle qui s'est emparée de l'Europe.
C'est dans ces moments qu'on voit combien  l'affaiblissement de l'influence de la France dans le concert européen se fait sentir.








Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

votre avis m'intéresse...