vendredi 29 juillet 2016

NON ! LA JUSTICE N' EST PAS INFAILLIBLE

L'assassinat d'un prêtre dans son église en Normandie a horrifié la France et la planète toute entière.
Outre l'horreur de l'affaire elle-même, un double problème est posé dont la gravité ne saurait échapper à personne: Celui de l'histoire et de la personnalité du principal responsable de cette tuerie et peut-être davantage encore celui du fonctionnement de l'institution judiciaire.
Et d'abord l'histoire de l'auteur de l'assassinat : Loin d’être un inconnu des services de police ou de l'institution judiciaire,et malgré son jeune age, il en était, si on peut dire, un familier, et plus précisément des services de la lutte anti-terroriste:
Après avoir essayé de se rendre en Syrie à deux reprises, en mars puis en mai 2015, il avait été arrêté en Turquie le 22 Mai 2015 : Les autorités de ce pays l’avaient  alors renvoyé en France où il avait été condamné  pour participation à une entreprise terroriste.
Après avoir purgé une partie de sa peine, il avait demandé sa remise en liberté, ce que le juge des libertés , au prétexte  qu'il présentait des garanties de réinsertion, avait accepté.
Le Parquet anti-terroriste, surpris par cette décision pour le moins préoccupante, avait fait appel de ce jugement :
La décision , soumise a la chambre d'instruction, fut confirmée et l'intéressé remis alors en liberté, sous contrôle judiciaire: Nous étions le 18 Mars 2016.
Quelques semaines plus tard le 26 Juillet, il égorgeait dans son église un  prêtre de 86 ans en train de célébrer la messe.
Beaucoup se sont exprimés depuis sur cette horrible affaire, de façon parfois excessive, voire provocante: En revanche le silence, sinon des autorités judiciaires ( qui, par définition ne sauraient critiquer les décisions de justice), ou du moins de leurs représentants est "remarquable".
On  aurait pourtant bien aimé entendre les réflexions de magistrats ou de leurs représentants souvent si prompts à s'élever contre ce qu'ils appellent assez facilement leur mise en cause ou celle leur indépendance qu'ils ne  cessent de dire menacée.
Qui les a entendus ou qui a entendu leurs organisations syndicales, non pas critiquer des décisions dont on nous répète inlassablement qu'elles ne sauraient être contestées, mais au moins reconnaître une part de responsabilité dans ce qu'on peut appeler sans excès une appréciation erronée de la situation ?
Qui serait choqué de les entendre reconnaître au moins leur droit à l'erreur ?
Car ,au moment où, même dans l'Eglise, il arrive à certains de remettre en cause l’infaillibilité pontificale ,il serait étrange que la Justice reste la seule institution où cette infaillibilité soit encore admise.






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