mercredi 21 septembre 2016

LE SERVICE MILITAIRE POUR LES DÉCROCHEURS : UNE DRÔLE D' IDÉE !

Ils ne savent ni réellement lire, ni davantage écrire, ni même vraiment compter : Ils ont quitté le système scolaire dès leur seizième année, parfois même plus tôt : Ils sont plus de 100.000 : Ce sont les décrocheurs. Que faire d'eux ? Que faire pour eux ? Cette question n'est pas anodine, compte tenu de leur nombre.
Nicolas SARKOZY vient de proposer qu'ils soient "obligés de participer à un service militaire où ils apprendront à se lever tôt, à respecter la discipline et même .... à parler français".
Ces objectifs sont naturellement séduisants, mais sont-ils réalistes ?
Plusieurs questions se posent en effet : Tout d'abord, où les héberger ? Les casernes qui servaient naguère aux jeunes qui effectuaient leur service national ont été pour beaucoup d'entre elles désaffectées, voire même démolies. Les bâtiments qui subsistent ont souvent été cédés à des collectivités ou à des particuliers.
Un deuxième problème: Qui pour les encadrer ? Des militaires? On y pense naturellement aussitôt . Mais est-ce réaliste et raisonnable, alors qu'on s’interroge déjà sur le niveau des effectifs de nos armées, sollicitées à la fois par des opérations militaires extérieures et par les nécessités de la sécurité intérieure ?
Enfin, et au delà des objectifs de discipline et de respect évoqués de façon assez générale, quelles activités leur seront-elles proposées et dans quels buts seront-ils rassemblés ?
Le service national auquel il est fait référence dans cette proposition était (plus ou moins) bien accepté dans la mesure où il avait ( de moins en moins à la fin ! ) un caractère universel .Cette nouvelle mouture, à l'inverse du but recherché, risque d'apparaître à beaucoup, comme un système de sanctions réservé à ceux qui, bien souvent, sont déjà des éclopés de la vie , les confirmant en quelque sorte dans leur sentiment d’être mis à l'écart de la société.
A une époque où la violence ne cesse de se répandre, comment imaginer que cette nouvelle structure en sera miraculeusement préservée, alors que, tout au contraire, elle risque d'en être un théâtre privilégié, tant en raison de son recrutement que de ses objectifs. N'oublions pas également le risque de détérioration de l'image de notre armée, aujourd'hui respectée et même souvent admirée, dès lors qu'elle assure notre protection et notre sécurité .
Dans ces conditions, ne serait-il pas préférable, avant de se lancer dans des aventures hasardeuses, de se poser la question de savoir si ces quelques 100.000 décrocheurs ne sont pas surtout le signe de l’inadaptation de notre système éducatif au monde d'aujourd'hui et s'il n'est pas impératif de le remettre en cause pour qu’il corresponde, d'abord et avant tout, aux besoins de notre société, sans se sentir contraint de continuer à révérer les vaches sacrées des pédagogues en chambre qui, au delà de leurs compétence livresques, semblent ignorer superbement ce qu'est un enfant d’aujourd’hui. 












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