mercredi 19 décembre 2018

CE QUE NOUS DISENT LES "GILETS JAUNES"

Au delà de revendications  qui sont loin d’être secondaires et dont nous aurions tort de considérer qu'elles ont été réglées par les décisions financières prises,  la vraie question que nous posent les "gilets jaunes" est celle  de la solitude , de leur solitude,de notre solitude dans la société.
Car le problème de notre temps est d'abord et avant tout celui de la solitude. 
Comment ne pas avoir été frappés et souvent émus de voir ces hommes et ces femmes dont l'ambition quotidienne semblait être d'abord de rester ensemble sur des ronds-points venteux, pluvieux et parfois glaciaux, parce qu'il y étaient en compagnie d’autres qui leur ressemblaient:
Comme si ils avaient  peur de se retrouver seuls , sans personne avec qui échanger voire avec qui se quereller.
Car, malgré les apparences d'une vie sociale qui se veut moderne (et qui parfois l'est réellement ), nombreux sont celles et ceux qui se trouvent profondément seuls:( même les jeunes en apparence à l'abri de ce phénomène en souffrent aussi).
Car s'il existait naguère des structures capables de rassembler toutes ces solitudes. elles semblent pour la plupart avoir disparu : Qu'il s'agisse des patronages où se retrouvaient les plus jeunes ou des syndicats pour les actifs, qu'il s'agisse tout autant pour les autres des partis politiques, ils étaient tous des lieux de socialisation  qui permettaient à beaucoup de se retrouver.
Qui ne  se souvient du rôle que jouait  pendant des années dans nos banlieues le parti communiste qui savait rassembler ses militants dans une fraternité  où ils aimaient  se retrouver .Ceux qui n’acceptaient pas ces structures avaient d'autres choix; mais tous ces efforts  avaient une vertu, celle d'empêcher l'isolement.
Qui dira aussi le mérite de celles et de ceux qui, souvent dans des quartiers difficiles, ont animé pendant des années des patronages (laïques comme chrétiens) et continuent aujourd'hui encore à travers le scoutisme ou les clubs sportifs à aider les parents dans leur rôle d'éducation:
Grâce à eux, le pire a souvent été évité. 
Si aujourd'hui, certains de tous ceux-là ont du mal à supporter des comportements qui leur semblent méprisants, c'est d'abord parce qu'ils admettent mal que ceux qui s'efforcent de comprendre leurs problèmes soient de moins en moins nombreux.
Devant ce fossé qui se creuse dans la société française, ils se considèrent de plus en plus comme exclus d'un monde qui ne leur fait plus la place qu'ils y occupaient encore naguère.
Ont-ils tort de le penser lorsqu'ils entendent  le  président du groupe majoritaire de la République En Marche à l'Assemblée Nationale oser affirmer tranquillement que les responsables politiques de la majorité sont trop intelligents, trop subtils et trop techniques pour être compris par le bon peuple (**)
Mépris ou bêtise pour ne pas dire davantage  !!
Comment s'étonner alors de la révolte des gilets jaunes ... et de beaucoup d'autres !!



(**) "Qui gouverne et ne fait pas d'erreurs je ne connais pas" . Mais il y a une erreur dont nous portons tous la responsabilité, moi y compris: C'est le fait d'avoir probablement été trop intelligents, trop subtils, trop techniques dans les mesures du pouvoir d'achat dans le temps.  Manifestement   ça n'a pas été compris !! (Gilles LEGENDRE Président du groupe La République en Marche à l'Assemblée Nationale)












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