lundi 27 mai 2019

ELECTIONS EUROPÉENNES : DES VICTIMES ....ET DES ÉCHECS

Les élections européennes ont fait des victimes et enregistré des échecs.
Les victimes d'abord: Ce sont les deux formations politiques qui  n'ont  pas réussi à rassembler leurs électeurs traditionnels: La France Insoumise et les Républicains.
Ni l'une ni l'autre en effet n’ont suffisamment pris en compte les conséquences de la stratégie mise en oeuvre par leurs adversaires.
Certes cette stratégie, choisie par Marine LE PEN et Emmanuel MACRON, ( pour qui cette consultation devait constituer une nouvelle manche du match qu'ils ont entamé en 2014), était pour le moins étrange, mais force est bien de constater qu'aucune des deux formations n'a été en mesure de la contrarier.
L'une et l'autre ont  tout d'abord méconnu l’intérêt que les plus jeunes des électeurs, contrairement aux consultations précédentes, considèrent désormais l'Europe comme un élément important de leur avenir et ont donc décidé de participer à la consultation. Très soucieux des problèmes climatiques ( les marches pour le climat dont ils se sont emparés  en portent témoignage), ils ont donc choisi les candidats écologiques qui leur sont apparus plus concernés que les autres par ces problèmes.
De même elles ont  sous-estimé l’inquiétude que suscitaient chez les plus âgés de leurs électeurs les désordres qui, depuis bientôt six mois, perturbaient  la nation et risquaient de mettre en péril leur vie quotidienne: Ils ont donc décidé ,malgré leurs griefs, de choisir ce qu'ils considéraient comme la sécurité :
Ainsi, le choix de l'avenir pour les plus jeunes, de la sécurité du lendemain pour les plus âgés, expliquent en grande  partie le résultat de cette élection.
Mais cette explication est trop superficielle pour être suffisante:
Une nouvelle fois en effet apparaît une France coupée en deux :Cette coupure n'est pas seulement géographique , elle est avant tout sociologique. 
De plus en plus, apparaît en effet l'opposition entre la France des campagnes et la France des villes, entre une France rurale qui se sent oubliée et une France urbaine plus concernée par une modernité qui s'empare de la  société mais.qui pour beaucoup apparaît  dangereuse.
Le vote de ces deux France est la traduction de cette coupure.
Contrairement à ce qu'affirment des observateurs peu avisés,  le vote des campagnes qui se sentent oubliées n'est pas un vote extrémiste, il est un appel au secours.
S'obstiner à l'ignorer serait  irresponsable .
Il y a aussi des échecs collatéraux: Au premier rang d'entre eux ,celui des instituts de sondage : Ils n'ont pas vu venir autant d' électeurs: aucun institut n'avait en effet prévu une telle participation.
Pas davantage , ils n'ont imaginé la chute de la France insoumise.
Enfin ils se sont largement trompés sur le score de François Xavier BELLAMY ,basant peut être leur surestimation sur le brouhaha médiatico-politique qui a entouré  l'apparition sur la scène politique de ce professeur de philosophie  un peu atypique.
Trois dérapages dans un domaine qui se veut quasiment scientifique, il s'agit là de "bavures" qui mériteraient un examen attentif des responsables de ces instituts s'il veulent retrouver ou en tous cas conserver la confiance de l'opinion.







Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

votre avis m'intéresse...