dimanche 30 juin 2019

EUROPE : DRÔLE DE JEU

Il est difficile de comprendre  l'objectif d' Emmanuel MACRON lorsqu'il continue à évoquer une Europe dont les difficultés seraient dues à un soi-disant conflit de civilisation entre des progressistes dont il se proclame le mentor ( d’ailleurs plutôt solitaire !) et des conservateurs dont Marine LE PEN serait selon lui le chef de file.
Il en tire en effet  des conséquences qui vont bien au delà d'un positionnement électoral d'ailleurs limité à l'élection du Parlement européen.
En un temps où la construction européenne est bousculée par un Brexit imposé par la Grande-Bretagne, on ne peut que s'interroger sur ses ambitions et ses objectifs.
Dès à présent, on doit le constater: Le couple franco-allemand qui, pendant des années a constitué le soubassement de la politique européenne de la France est sérieusement remis en cause (et ce n'est pas la signature solennelle d'un apparent nouveau traité entre les deux pays qui risque d'y changer quelque chose).
Le problème avec le Président de la République c'est qu'il estime trop souvent  nécessaire de s'en prendre à ses partenaires pour défendre ses idées et ses objectifs: Dire du candidat soutenu par Madame MERKEL pour présider la Commission qu'il n'en a pas la capacité au prétexte qu'il n'a pas été ministre ne saurait que déplaire à la chancelière allemande qui soutient sa candidature à la fois parce qu'il est allemand et tout autant parce qu’il appartient à la CDU qu'elle a présidé pendant un quart de siècle.
Les spécialistes en matière de politique internationale considèrent volontiers qu'l n'est pas inutile d'avoir des adversaires et qu'il peut  même arriver que ce soit presque indispensable.
Mais il n'est pas forcément nécessaire de les multiplier.
Or, aujourd’hui, force est bien de le constater: En Europe ,si les relations avec l'Allemagne se sont pour le moins refroidies ,elles sont , pour cause de Brexit, compliquées avec la Grande Bretagne qui s'éloigne de l'Europe telle que nous l'avons voulue.
De même il est difficile de ne pas voir que nos relations avec l'Italie connaissent de sérieuses difficultés (pour ne pas dire davantage!); Si nous continuons à avoir, il est vrai, des relations normales avec la Belgique et le Luxembourg, il est difficile d'en dire autant des Pays-Bas !  Nos dirigeants d'autre part n'aiment pas beaucoup ceux de l'Europe de l'est: Pologne Hongrie Pays baltes pour des raisons qui ne sont qu'idéologiques (La Roumanie semble faire exception puisque c'est un roumain qui préside le groupe auquel ont adhéré les élus macroniens car Madame LOISEAU qui les emmenaient avait dit trop de mal de la plupart de ses collègues pour être acceptée comme président de leur groupe).
Même
  l'Espagne engluée qu'elle est dans des problèmes institutionnels compliqués semble incapable d'aller de l'avant. Certes, le Portugal semble souvent bienveillant , mais il n'est pas certain que cette bienveillance suffise à donner à la construction européenne un dynamisme suffisant .
Ne nions pas les difficultés actuelles: Elles sont réelles; mais notre   propension à donner des leçons en permanence ne facilite pas les choses;
Cette supposée arrogance française qui devient chaque jour davantage la marque de fabrique du Président de la République est devenue une donnée du problème européen d'autant que nos partenaires ne voient guère les raisons de ces leçons, compte tenu de l'absence de réformes qui continue à caractériser notre politique.
Peut-être serait-il utile (pour ne pas dire nécessaire) de nous interroger sur nos choix politiques et surtout économiques.
Peut-être alors serons nous en mesure de définir une politique européenne compatible avec nos besoins et nos ambitions















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