vendredi 22 novembre 2019

LE COURAGE DE LA VÉRITÉ

Le 5 Décembre approche : C'est la date annoncée d'un mouvement social qui risque d'être largement  suivi , car il ne se limite pas aux spécialistes traditionnels de la revendication, puisque vont s'y  retrouver ensemble, et les retraités traditionnels et les ressortissants des régimes spéciaux, les  agents de la fonction publique comme les  professions libérales qui ,tous, ont  un point commun :Ils ne veulent pas du  projet  de réforme des retraites que leur  propose le gouvernement.
Certes leurs motivations sont différentes , mais le plus frappant est que le principe d'égalité, sans cesse mis en avant par le gouvernement pour justifier cette réforme, ne séduit quasiment personne.
Le pouvoir peut inlassablement le  proclamer : Nul n'y croit.
Raison essentielle de ce scepticisme  : La plupart des intéressés ne comprennent rien au  système dont on leur parle, sinon qu'il risque de leur être défavorable.
Le gouvernement le reconnait  d'ailleurs , et il l'annonce lui-même : Tous les régimes spéciaux disparaîtront ; il en serait de même des  caisses autonomes dont il ne veut pas.
Il peut répéter inlassablement qu' un euro  payé donnera un euro perçu :Nul ne comprend par quel mystère ce système pourra fonctionner sans que les futurs retraités y soient de leur poche.
L’expérience suédoise à laquelle le gouvernement se réfère volontiers est à cet égard révélateur  :Le système par points y a été mis en oeuvre depuis des années: Le résultat est sans appel : Le nombre de retraités vivant en dessous du seuil de pauvreté en Suède s'élève aujourd'hui à 250 000, soit 15 % du nombre de retraités.
Comment dans ces conditions s'étonner du rejet des propositions du gouvernement ?
Tout le monde ( sauf, semble-t-il le gouvernement ! ) sait depuis toujours que toutes les professions ne se ressemblent pas et qu'elles  sont diverses : Si des régimes spéciaux ont été créés, ce n'était certainement pas pour faire plaisir aux bénéficiaires,  c'était aussi et surtout pour attirer vers des activités parfois peu séduisantes ou pénibles des candidats qui n'y venaient pas spontanément .Et, selon une tradition française immémoriale , les pouvoirs publics, n'étant pas toujours immédiatement en mesure de proposer des conditions de travail ou de rémunération satisfaisantes, se résolvaient à hypothéquer l'avenir en inventant des systèmes qui avaient , sur le moment, le mérite  de ne pas obérer les finances publiques mais qui avaient comme contrepartie la nécessité d'accorder à terme des conditions susceptibles de séduire d'éventuels candidats, d'où ces régimes spéciaux ou ces caisses autonomes. 
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, comment  demain attirer des candidats vers des professions pénibles ou simplement peu valorisantes sans leur accorder des avantages spécifiques ?
Avant d’entraîner la société française ( dont on peut dire aujourd'hui qu'elle n'est guère apaisée) dans une guerre de tranchées qui ne peut que nuire à la paix sociale, ne faudrait-il pas au Président de la République simplement un peu de courage :Celui de reconnaître que l'allongement de la durée de la vie est, heureusement, un phénomène inéluctable, et qu'il est temps d'en tirer la  conclusion logique:
Il faut cesser d'inventer des systèmes incompréhensibles et retrouver la simplicité et la logique de la vie.
Il faut tout simplement reculer  l'age de la retraite.
Les français y sont prêts dès lors qu'ils constateront que le gouvernement n'oublie pas celles et ceux qui ont besoin que soient reconnus leurs situations personnelles et qu’il prenne en  compte  la pénibilité comme  la spécificité de certaines professions.
C'est au Président de la République ,et à lui seul, qu'il appartient de démontrer qu'il a ce courage.Ce faisant, il aura rendu à la France et aux français un service dont ils devront lui être reconnaissant .












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